Réglo · Luxembourg

Voler en drone au Luxembourg : le guide de la réglementation

Mis à jour · octobre 2026 · 7 min · sources DAC / Légilux

1 · La catégorie ouverte

Le règlement européen sur les drones s'applique au Luxembourg depuis le 31 décembre 2020, et la catégorie ouverte est exemptée d'autorisation de la Direction de l'aviation civile (DAC). Une loi du 19 décembre 2025 y ajoute des sanctions nationales (section 6). Le cadre européen vaut : en toutes circonstances, vol à vue directe et 120 m au plus. Les distances, d'après la DAC :

  • A1 — à proximité de personnes non impliquées, sans les survoler, avec un drone de classe C0 ou C1 ; sans marquage de classe, seuls les drones de moins de 250 g y volent.
  • A2 — drone de classe C2 : 30 m à vitesse normale, 5 m en mode basse vitesse.
  • A3 — 150 m de tout site industriel, commercial, résidentiel ou de loisirs, donc de toute personne non impliquée, avec un drone de classe C3 ou C4, ou sans marquage de classe entre 250 g et 25 kg.
À retenir : un drone sans marquage de classe « C » qui pèse plus de 250 g ne vole qu'en A3 — c'est le cas de nombreux drones FPV construits soi-même ou anciens.

2 · Zones UAS : la carte du Géoportail fait foi

La DAC est catégorique : seules les zones géographiques UAS de la carte du Géoportail sont légalement applicables. Celles que fournit le fabricant du drone peuvent ne pas couvrir toutes les zones restreintes, et rien ne se transmet automatiquement du fabricant au Géoportail. Le texte qui les fonde est un règlement ministériel du 16 décembre 2020 ; de nouveaux règlements, pour des zones temporaires, sont publiés dans les actualités de la DAC.

  • Interdite — les vols sont interdits : stades de football, aérodromes comme Useldange ou Noertrange, évènements spéciaux (le Tour du Grand-Duché, la fête nationale…).
  • Autorisation — une autorisation préalable est nécessaire : centres pénitentiaires, aéroport du Findel, Palais grand-ducal…
  • Conditionnelle — une notification préalable du vol : hélistations, aéroport du Findel…

La carte est dynamique : une zone peut s'activer plusieurs fois par jour. Pour un drone de classe C, le fichier des zones est à charger dans le drone, avant chaque vol.

⚠️ Aujourd'hui, la carte de Glydar n'affiche pour le Luxembourg que les restrictions temporaires : pas les zones permanentes. La carte officielle est à consulter avant chaque vol — voir la couverture, pays par pays.

3 · Enregistrement, formation et assurance

  • Enregistrement de l'exploitant (et non du drone) : obligatoire pour un drone de plus de 250 g, ou de moins de 250 g avec une caméra ou d'autres capteurs de données personnelles ; un jouet de moins de 250 g en est dispensé. Il se fait sur Guichet.lu, coûte 10 € (depuis le 14 janvier 2026), vaut un an et dans tous les États membres de l'EASA. On reçoit un numéro LUX… à apposer lisiblement sur chaque drone. Un mineur de 14 ans peut être enregistré comme exploitant en catégorie ouverte.
  • Formation en ligne puis examen : l'inscription à l'examen théorique A2 coûte 45 €. Avant 16 ans : formation A1/A3 (sans limite d'âge), drone portant le numéro d'un exploitant qui a donné son accord, supervision par une personne de plus de 16 ans qualifiée, et assurance souscrite par le représentant légal.
  • Assurance responsabilité civile : obligatoire ; pour un drone de moins de 20 kg, couverture minimale de 750 000 droits de tirage spéciaux (loi du 19 décembre 2025, art. 19quinquies).

4 · FPV et vol en immersion

D'après la DAC, on peut voler en FPV en catégorie ouverte uniquement avec une personne à ses côtés, qui garde un contact visuel direct avec le drone, scrute l'espace aérien pour s'assurer que l'on ne met personne en danger, et peut communiquer aussitôt avec le pilote — pour lui demander, par exemple, de faire atterrir le drone.

5 · Avant chaque vol

  • Consulter la carte des zones UAS du Géoportail — la seule qui fait foi — et les actualités de la DAC pour les zones temporaires.
  • Vérifier son numéro d'exploitant sur le drone et son assurance de responsabilité civile.
  • Avoir sur soi les documents prescrits ; obtempérer si la police demande de faire descendre le drone.
Ce guide vulgarise — il ne remplace ni les textes officiels ni une vérification à jour. En cas de doute : DAC, Géoportail.

6 · Sanctions : ce que dit la loi

La loi du 19 décembre 2025 a introduit des sanctions. Voici ce que le texte prévoit, sans rien y ajouter :

  • Exploitant sans assurance de responsabilité civile : emprisonnement de 8 jours à 1 an et amende de 251 à 5 000 €, ou l'une de ces peines seulement (art. 19quinquies de la loi du 19 mai 1999, modifiée).
  • Pilote qui ne respecte pas les règles de la catégorie ouverte, ou les conditions des zones géographiques UAS : amende de 25 à 250 € (art. 32bis de la loi du 31 janvier 1948, modifiée).
  • Même amende, notamment : vol sans les documents prescrits, sans les compétences requises, pour un exploitant non enregistré, sous l'influence de l'alcool ou de substances psychotropes, ou drone qui projette ou laisse tomber un objet causant un dommage. L'exploitant qui l'a sciemment permis encourt la même peine.
  • Le pilote fait descendre son drone à la réquisition de la police et obtempère à ses injonctions (art. 38bis) — l'omission est punie de la même amende.
Ce sont des plafonds : c'est le juge qui apprécie. Ils sont ceux du texte à la date de vérification de ce guide (octobre 2026) — le texte de loi fait foi, pas cette page.

7 · Votre responsabilité, et ce que fait Glydar

Glydar informe ; il ne dispense de rien. Ce guide et la carte reprennent des sources officielles mais ne sont pas une source officielle, ne garantissent ni leur exhaustivité ni leur mise à jour, et ne valent pas autorisation de vol.

Le télépilote reste seul responsable de son vol et de sa conformité, comme le rappellent les conditions d'utilisation. Tout ce qu'il faut pour vérifier est à portée : la couverture, pays par pays, la carte officielle et les textes cités ci-dessous.

Sources officielles

FAQ

Puis-je voler en FPV seul, sans observateur ?
Non : d'après la DAC, le vol FPV en catégorie ouverte suppose une personne à vos côtés qui garde le drone en vue directe et peut vous parler aussitôt.
Les zones de ma télécommande suffisent-elles ?
Non. La DAC est claire : seules les zones UAS du Géoportail sont légalement applicables. Celles du fabricant peuvent ne pas couvrir toutes les zones restreintes.
Glydar remplace-t-il la carte officielle ?
Non. Pour le Luxembourg, Glydar n'affiche aujourd'hui que les restrictions temporaires, pas les zones permanentes. La carte du Géoportail est à consulter avant chaque vol.
Que risque-t-on en cas d'infraction ?
Jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 5 000 € d'amende pour un exploitant sans assurance obligatoire ; 25 à 250 € d'amende pour un pilote qui sort des règles ou des zones. Les cas et les références sont dans la section Sanctions.
Existe-t-il une catégorie spécifique ? Pourquoi ce guide n'en parle pas ?
Oui : toute opération qui sort de la catégorie ouverte — nettoyage ou pulvérisation par drone, vol hors de vue (BVLOS) — exige une autorisation opérationnelle de la DAC, ou une déclaration pour un scénario standard. Glydar ne la traite pas : il s'adresse à des pilotes qui volent surtout pour le loisir, donc en catégorie ouverte, et mieux vaut un guide court et vérifié qu'un guide approximatif sur un régime plus complexe. Le guide officiel est celui de la DAC : la page « Drones ».
Ce guide suffit-il pour voler en règle ?
Non : il vulgarise la catégorie ouverte et renvoie aux textes. La responsabilité de la vérification est la vôtre — voir la section Responsabilité.
Sur la carte

Toutes ces zones, dessinées sous tes hélices.

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